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DETAIL SE DILATE I ISMAIL BAHRI

Selma Feriani Gallery - Tunis 8 Place Sidi Hassine , Sidi Bou Said, Cartagine, Tunisia
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SELMA FERIANI GALLERY – TUNIS a le plaisir de vous inviter au vernissage de DETAIL SE DILATE, une exposition personnelle dʼIsmaïl Bahri qui sʼarticulera autour dʼun corpus dʼoeuvres récentes de l'artiste.

Le vernissage sera suivi d'une discussion entre Ismaïl Bahri et Eric Degoutte, directeur des Eglises, Centre dʼart contemporain de la ville de Chelles.

DETAIL SE DILATE par Eric Degoutte
Au moment de laisser aller les mots pour oser, poser un fil de pensée - habité encore du cheminement entamé avec Dénouement, prolongé jusquʼaux lents déroulés que donne à voir Film - alors quʼil conviendrait maintenant de tenter dʼêtre au plus proche de là où Ismaïl Bahri se pose pour « filmer le voir » et qu'il serait temps d'écrire… surgissent les figures entremêlées du petit Prince et de Rimbaud.
Il aurait pu en être autrement. Probablement. Il aurait pu en être de résonances savoureuses avec des raies de lumière autant quʼun « kaléidoscope de lʼobscurité » perçus du lit de lʼécrivain, à la campagne, à Cambray. Ou ailleurs. Dans cette « lueur momentanée de conscience » qui pourrait permettre dʼaborder avec une belle justesse Percées.
L'instant d'une porosité des espaces et des matières entre elles, là où la pierre rejoint le son. Dans un même temps. Dans lʼépreuve des seuils, et notamment ce franchissement du seuil phénoménologique, au long de perceptions accomplies, dans l'instant d'un pari singulier sur un possible, bien quʼincalculable, réordonnancement des choses et dʼun intelligible alors autorisé par les sens.
Des « ébrasures de lumières » ou encore des « petites brèches réelles ou fictives » dont parle Ismaïl Bahri, il aurait pu en être aussi, avec dʼautres présences sourdes, des états percevables ou des choses vues. Au gré de tentatives de restitution, dʼune continuité de phrase qui s'enroule et joue de lʼentremêlement. De fils guipés entrecroisés en une nappe phrastique qui sʼétale, sʼoriente et se fige comme en écho avec ce quʼil a produit et mis en oeuvre dans Latence.
Le temps dʼun souffle, d'un plan séquence, dʼun vent se prenant dans les branches dʼun acacia.
Non.... Plutôt le petit prince.
Celui-là même, tel quʼil apparaît dans ce fragment, et entre les biffures :
– Celui-là est trop vieux. Je veux un mouton qui vive longtemps.
Alors, faute de patience, comme jʼavais hâte de commencer le démontage de mon moteur, je griffonnai ce dessin-ci.
Et je lançai :
– Ça cʼest la caisse. Le mouton que tu veux est dedans.
Mais je fus bien surpris de voir sʼilluminer le visage de mon jeune juge :
– Cʼest tout à fait comme ça que je le voulais ! Crois-tu quʼil faille beaucoup dʼherbe à ce mouton ?
Dans ce regard du petit prince, dans cet éclat singulier qui donne envie et nous invite à nous engager aussi dans cette recherche dʼun voir sʼaccomplissant, il y a, me semble-t-il, une belle projection à tenter sur le travail dʼIsmaïl Bahri.
La caisse dessinée par lʼaviateur, devenue machine à voir, ne laisse pourtant rien paraître. Mais elle permet tout. Elle semble sʼincorporer dans lʼattitude et le regard du petit prince. Lui aussi est maintenant devenu machine à voir, lui aussi est au seuil de ce hors champ de lʼimage quʼIsmaïl Bahri entrevoit comme une salle de projection plongée dans lʼobscurité.
Cette caisse déborde ses limites, son étendue et sʼoffre, se donner à penser, à voir au terme dʼun beau développé.
Le volume se déploie, tout comme le corps sait aussi parfois le faire.
Ces mouvements se partagent entre chacun d'eux, pour mieux signifier une possible grâce commune, dans lʼémergence dʼune étincelle aussitôt disparue.
... Ne rien laisser paraître pour permettre le plus beau développé....
Le geste, tel que le convoque ou le provoque Ismaïl Bahri, doit être autant travaillé que scruté.
Comme sʻil sʼagissait des deux bouts dʼune même lorgnette, de deux pôles d'une boussole :
lʼorientation est avant tout manière dʼusage et de sens.
Elle se trouve dans la qualité dʼun pas de danse qui est aussi un point dʼappui.
Il parle ainsi de ses mains amorçant des mouvements, une manipulation effacée au point de devenir « mains de mime » ou dʼêtre de « lʼordre de la caresse ».
Ismaïl Bahri travaille de ses mains-là les instants de captation autant que les états de perception.
Cette dextérité-là participe de son savoir-faire.
Et cʼest ce que scrute la caméra.
Lʼoeil de la camera est sans merci. Il prend tout, collecte et accumule dans le temps dʼun plan
séquence. Alors Ismaïl Bahri lʼoriente là où se produit lʼincalculable, lʼindécidable, dans ces limites kaléidoscopiques de la lumière autant que de la pénombre.
La focale sʼattache à fixer le fil, dans Dénouement, dans une frêle coupure des espaces, dans ce qui est crête de visibilité à même la fibre, au gré dʼune tension tressaillante et vibratoire. Ce point de regard se joue dans un cadre qui le déborde et englobe tout de lʼexpression de ce corps travaillé (au loin) quʼest ce fil devenant maintenant masse, souvenir des gestes accomplis, mais aussi de ce corps travaillé (in fine au plus prêt) quʼest celui dʼIsmaïl Bahri, au terme de son parcours, ayant su éprouver la résistance de la matière, du fil, dans la temporalité dʼun geste dont la présence intervient dans la durée du déplacement du corps.
Focale et cadrage contribue à parfaire son approche du champ et du hors champ. La machine à voir opère bien : nos yeux sʼaccommodent sur cette perception fugace et éthérée du voir se réalisant.
Ce nʼest rien moins quʼun troisième corps au travail.
Dans Orientations, lʼoeil de la caméra plonge vers une surface indocile. Mécanique conçue pour saisir au mieux lʼunivers bien délinéé des choses, en jouant de ces lentilles, elle ne cesse de tenter de corriger. La correction est le hors champs de lʼincalculable.
L'oeil de la caméra se perçoit ici imparfait et myope.... Humain... Habité.
La porosité agit : la matière visuelle rejoint la matière sonore... Les limites s'estompent, les états s'entremêlent.
Sommes-nous dans la caisse? Entendons-nous des propos échangés?
Deux êtres parlent et essayent de partager une même crête de visibilité.
Touriste ? Guide ? Westerner ? Tunisien ?...
…. Aviateur ou Petit Prince ?
Et Rimbaud donc ?
«Quand le front de l'enfant, plein de rouges
tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,
Il vient près de son lit deux grandes soeurs
charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.
Elles assoient l'enfant auprès d'une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de
fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.
Il écoute chanter leurs haleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés
Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.
Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.
Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,
Soupirs d'harmonica qui pourrait délirer ;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer».
De ces « chercheuses de poux », emboitons le pas...
Au gré de cette danse des doigts électriques et doux sur les extrémités dʼune jeune chevelure et tout au long de ce cliquetis qui génère une frêle inquiétude.
C'est un parcours fait dʼappréhension, de délivrance, puis de plaisir.
Il en va du laisser-aller dʼun enfant à lʼenjeu des sens et qui devient, au terme du cheminement, petit prince.
Ne sommes nous pas, ici, dans les pas dʼIsmaïl Bahri ?
Ce dernier fait de nous, dans un bien savoureux dénouement, au fil de ses dépouillements, autant de petits princes.
Plus quʼun narrateur, il est aviateur… dans une belle machine, au gré du vent.



DETAIL SE DILATE
Vernissage I Samedi 7 juin 2014 à 17h
Discussion avec Ismail Bahri et Eric Degoutte I 7 juin de 20h à 21h30

Veniteci a trovare
il 7 giugno 2014

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