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Tracé(s)

Perception Park 20 rue Domat, Parigi, Francia
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Caroline Corbasson / Nicolas Desplats / Vanessa Fanuele / Pascal Lièvre / Laure Tixier / Thomas Tronel Gauthier

Commissariat : Julie Crenn

Tracé(s) est un projet curatorial dépliant une réflexion cartographique dans l’art contemporain. Initié à la galerie Lot10 à Bruxelles en 2013, le premier chapitre comportait une dimension politique et mémorielle avec la présentation des œuvres de Laurent Ajina, de Morgane Denzler et de Till Roeskens. La galerie Perception Park accueille le second chapitre qui vient ouvrir de nouvelles perspectives cartographiques. L’exposition repose sur le concept de projection mentale de cartes, de topographies et de territoires. Les œuvres de Caroline Corbasson, Nicolas Desplats, Vanessa Fanuele, Pascal Lièvre, Laure Tixier et Thomas Tronel Gauthier déploient différents types de géographies : intimes, psychiques, fantasmagoriques, symboliques ou physiques. Il s’agit alors d’observer comment le regardeur peut être amené à penser, à tracer et à imaginer une carte ou un paysage à travers une sélection d’œuvres ouvrant des passages et des espaces de projections. Le dehors et le dedans sont convoqués : les œuvres nous renvoient à la fois à nous-mêmes (nos souvenirs, nos références et notre imaginaire), mais aussi à ce qui nous dépasse (la nature, la dérive, l’ailleurs). Les œuvres articulent un dialogue entre ouverture et enfermement, les artistes convoquent différents types de projections.

La peinture murale de Laure Tixier, Map with a View (2013), recèle une lecture double. La forme noire nous est inconnue, elle fait d’abord appel à des champs symboliques liés à l’ésotérisme, l’astrologie ou une forme d’écriture ancienne. Elle se révèle être le plan d’une prison. L’imaginaire porte au fantasme, tandis que le réel ramène au contrôle et à l’autorité. En face, Pascal Lièvre reprend les dix figures du test de Rorschach en paillettes noires. Mis au point en 1921, le test de type projectif suppose une évaluation psychologique par l’interprétation des taches d’encre. La lecture des formes apporterait ainsi des clés de compréhension d’une personnalité. Un cheminement intime et subjectif présent dans les dessins de Vanessa Fanuele. Le trait dérive, s’entremêle et s’hybride. Il témoigne d’une recherche personnelle où l’intérieur (l’organique) et l’extérieur (le psychique) se rejoignent. Les dessins ouvrent de nouveaux territoires dont l’œuvre de Thomas Tronel Gauthier pourrait en être l’empreinte. The Last Piece of Wasteland (2011) est le moulage d’un sol naturel, sa couleur noire nous renvoie vers des espaces hostiles (volcaniques, souterrains), voire inconnus. La trace nous invite à la projection d’un paysage. Caroline Corbasson a totalement recouvert la surface d’un globe terrestre de graphite (Eclipse – 2013). Le dessin des mers et des continents est enseveli sous une couche grise métallique. S’il est visuellement absent, l’esprit ne peut s’empêcher de le retracer mentalement. Une réponse également induite par le contenu mystérieux des pots de peintures de Nicolas Desplats. Upotia suggère l’idée d’une carte liquide, qui, par un truchement de l’ordre du magique, pourrait être appliquée au mur ou au sol. Les artistes font appel à une interaction entre l’œil, l’esprit et la mémoire, activée par un processus projectif qui engendre une pluralité cartographique animée par des références cognitives et sensibles. Qu’elle soit suggérée, fragmentée, enfermée ou recouverte, la carte échappe aux normes pour libérer l’imaginaire.

Julie Crenn

Veniteci a trovare
dal 29 maggio al 19 luglio 2014

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